Psychiâtre, si on le définit étymologiquement, signifie médecin de l'âme. Le pédiatre, lui, en tant que médecin de l'enfant, arrive au moins à trouver des enfants à soigner. Mais notre pauvre ami au pauvre QI, lorsqu'il disséqua son premier être humain (activité très prisée dans la profession), n'y trouva point d'âme... Pour ne point se sentir trop idiot d'avoir découpé en vain son frère d'espèce, il trouva dans son crâne une masse gélatineuse qu'on appelait le cerveau. Prenant sa vessie pour une lanterne (source de beaucoup de confusion dans la profession), il décida qu'à défaut d'âme, la gélatine ferait bien l'affaire. Et comme il trouva la même masse dans le crâne de nombreux animaux, il se dit que finalement ce qui était bon pour les cochons devait fonctionner pour les humaines (qui comme tout bon psychiâtre le sait ne sont rien d'autre que des cochonnes). C'est ainsi qu'il inventa l'électrochoc. Voyant bien qu'une décharge électrique rendait le cochon docile avant l'abattoir, il comprit instantanément que le choc électrique servirait son but d'asservissement de la masse gélatineuse. Bien sûr, pour celui qui n'aimait pas jouer avec l'électricité, il restait la solution de la leucotomie transorbitale, qui était tout de même très amusante, titiller la masse gélatineuse avec un pic à glace en passant par l'oeil sans avoir besoin de faire une école de boucherie restant un privilège quasi sacerdotal de notre éminent médecin. L'invention du psychotrope bouscula la profession. Le plaisir du contact direct avec la souffrance physique du patient laissait la place à une jouissance infiniment plus subtile : la destruction progressive et radicale de la raison sans avoir besoin de contact physique. La pilule ingérée fait son travail seule, lentement ou rapidement, et le médecin tranquille peut se délecter de la mort mentale de son patient sans avoir besoin de bouger de sa chaise. Bien sûr, la profession s'affaiblit, car le travail est moins sportif, plus sédentaire. Mais que de joies en contrepartie. Un partenariat exemplaire avec les laboratoires pharmaceutiques. Des avantages en nature. Une légitimité absolue. Le bonheur d'être le roi de la gélatine. Et des patients si dociles.
Pour le gélatinâtre, le meilleur moyen de guérir la vie, c'est de s'en débarrasser. Comme dirait Desproges : "Etonnant non ?"
Voici pour commencer ce blog avec de bonnes vibrations, un petit glossaire suivi d'un petit poème sur l'enfance d'un jeune homme en Corse.
Nitescence :
Lueur, rayonnement de lumière et la clarté qui en découle.
(du latin nitescere : briller)
Matutinal :
Un synonyme de matinal, plus chantant et utilisé pour décrire ce qui évoque le matin plus que ce que l’on fait le matin.
(De matin)
Cordial :
Quelque chose qui stimule et réconforte. Qui donne du courage.
(Vient du latin cor : le cœur. Dans son sens propre, le cordial est un stimulant du cœur.)
Ciste :
C’est un petit arbrisseau qui secrète une résine très odorante et qui pousse dans le maquis du bord de mer.
Immortelle :
Une fleur qui est cultivée par les fleuristes pour faire des bouquets de fleurs séchées, et qui, quand elle est sauvage, elle dégage un parfum fort et typique du maquis.
Aphrodite :
Déesse de l’amour.
Rai :
Rayon (de lumière). Ce mot n’est plus utilisé aujourd’hui qu’en poésie.(du latin radius : rayon)
Nonpareil :
Qui n’a pas son égal, qui surpasse tout.
Dru :
Dans ce sens là, cela signifie vigoureux et fort. Le mot dans son sens premier veut dire serré en parlant d’un feuillage. (du gaulois druto, qui voulait dire fort et vigoureux, comme Astérix…)
Sente :
Un sentier, un petit chemin.
Féal :
Adjectif ancien signifiant fidèle.
(De l’ancien Français « fei » qui voulait dire la foi.)
Drôle :
Jeune garçon .
(Du néerlandais « Drol » qui signifie « lutin »)
Onde :
L’eau dans la nature (mer, plans d’eau, etc.) (du latin unda, eau courante)
Aïeul :
Dans ce sens, le grand-père ou la grand-mère. (du latin aviolus)
Cinglé :
Fouetté (par le vent, la pluie, la neige).
(du latin « cingula » signifiant ceinture, qui a donné en ancien Français « sangler » qui voulait dire « donner des coups de sangle », puis « cingler ».)
Barrer :
Diriger un bateau au moyen de la barre (dispositif pour manier le gouvernail).
Septentrion :
Le Nord.
(C’est comme cela qu’on appelait les sept étoiles de la Petite Ourse, dont l’une d’elles, l’Etoile Polaire, marque le nord.)
Féru :
Employé ici dans son sens ancien, qui signifie « blessé ».
(De férir : frapper)
Remembrance :
Souvenir
(De l’ancien verbe remembrer : remettre en mémoire, comme l’anglais «to remember »)
Et maintenant, le poème :
De l’île au sauvage olivier
Heureux goûtant la nitescence
D’un bel éveil matutinal
Me revint à l’esprit l’enfance
Qui fut de ma vie le cordial
En ces temps je fus va-nu-pieds
Par soucis de n’avoir semelle
Autre que corne naturelle
Foulant le maquis à mon gré
Galvaudant de par les granits
Nourri des odeurs essentielles
Des cistes et des immortelles
Sauvages elles sont mes Aphrodites
Je côtoyais le grand soleil
Aux rais brûlants et délicieux
Faisant saillir nonpareils
Les charmes drus des épineux
Le moindre rocher connaissait
Mon pas sur sa tête ancestrale
Et nulle sente n’ignorait
Le goût de mon âme féale
Et quand la terre plongeait ses bras
Dans l’eau profonde de sa geôle
Je m’y jetais, amoureux drôle
De tous les secrets d’en deçà
Et quand l’onde je sillonnais
Fier sur la barque de l’aïeul
Cinglé d’un vent au sel épais
Prisant la joie de barrer seul !
Là-haut dans le septentrion
Je me souviens l’avoir vécu
Et par tant de beautés je fus
Féru, touché à profusion
Qu’en ces vivantes remembrances
Les miens trouveront à leur gré
La force vive et la vaillance
De l’île au sauvage olivier[SIZE=14]